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La guerre des calculettes a commencé

jeudi 20 octobre 2011, par Les influences.fr

A compter du 20 octobre et jusqu’à la présidentielle, l’Institut de l’entreprise passe à la moulinette les budgets des mesures avancées par les candidats.

Promis juré, l’opération se veut d’un strict, pur et "complet esprit de neutralité". L’Institut de l’entreprise, tout ce qu’il y a de neutralité libérale depuis sa création en 1975, vient de relancer sa cellule de dégrisement des chiffres de la présidentielle. Comme il le fit en 2007, le think tank de la rue de Lisbonne, présidé depuis le début de l’année par Xavier Huillard, PDG de Vinci et qui remplace Michel Pébereau à ce poste, passe à la moulinette le "coût budgétaire des programmes des principaux candidats à l’élection présidentielle".

Les experts : 4 fonctionnaires de Bercy, sympathisants de l’UMP ou du PS

Sa cellule de chiffrage est constituée de quatre déchiffreurs de haute tenue de la mécanique budgétaire, fonctionnaires sis à Bercy. "Fonction oblige, ils sont anonymes mais cette équipe d’experts compte des sympathisants de l’UMP et du PS" nous précise t-on, sans toutefois indiquer s’il s’agit d’une variété socialiste proche de la "démondialisation" d’Arnaud Montebourg. "L’objectif est de permettre aux citoyens de forger leur propre opinion sur les propositions des candidats, sur la base d’une évaluation du coût des propositions - ce paramètre n’étant cependant que l’un des critères permettant de juger de la pertinence d’une mesure", détaille encore l’Institut.

Premier cobaye à passer au hachoir à viande, ce 20 octobre : le programme du PS fixé en avril 2011, avec quelques adjuvants de François Hollande durant la campagne des Primaires. "Parmi les propositions du projet d’avril et les propositions nouvelles issues des déclarations de François Hollande, seules les plus significatives ont été évaluées, racontent les experts. Dans chaque cas, le coût annoncé est le coût budgétaire annuel de la proposition (ou, plus largement, le coût annuel pour la sphère publique, dès lors que la sécurité sociale et les collectivités locales sont concernées), mesuré en brut et à la fin de la législature, sauf mention particulière."

Quels sont les coûts dans le détail de cent cinquante mille logements sociaux à construire par an (157 M d’euros évalués), le renforcement de l’enseignement pédagogique ou de la police (250-266 M d’E), du développement de l’accueil en crèche, du fameux "contrat génération" de François Hollande (soit 7,6 à 8,3 milliards d’euros par an) ou encore la généralisation d’un service civique, ou de l’extension du RSA au moins de 25 ans (528 à 876 M d’E, selon les modalités) ?

Précision de l’Institut de l’entreprise sur son site : "À ce stade, le présent document porte essentiellement sur les dépenses nouvelles induites par ce programme ; il sera complété ultérieurement par une évaluation des recettes et des hypothèses de bouclage financier proposées par le Parti socialiste." En attendant les chiffrages des programmes du MODEM, du Front National et de l’UMP, la cellule de l’Institut s’empresse de définir ses règles du jeu : "La cellule n’a pas vocation à donner "un" chiffre, qui serait "LE" chiffre exact qui trancherait
enfin les querelles d’experts. Bien souvent ce travail est impossible, en raison de l’ambiguïté des propositions, ou de leur caractère flou. En revanche, la cellule de chiffrage a vocation à donner les raisons de ces imprécisions ou de ces ambiguïtés. Elle se livrera ensuite à un travail d’interprétation, en distinguant les différents scénarios fourchette de coût."

Nul doute que les calculettes comme les polémiques vont chauffer jusqu’en mai 2012.


Repères :

Pour prendre connaissance du chiffrage du programme du PS :
www.debateco.fr


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