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La puissance au bout de la mondialisation

lundi 10 mars 2014, par Christian Harbulot

Le bras de fer de Poutine avec l’Ukraine et les Occidentaux nous rappelle que la puissance d’Etat est en train de redevenir la question centrale de la vie politique mondiale

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François Hollande pensait amener Poutine à une certaine retenue à l’égard de la situation en Ukraine. Il s’est trompé ou ses conseillers l’ont très mal informé. Les élites françaises ont tellement pris l’habitude d’interpréter le monde à travers le prisme occidental qu’ils ont perdu le sens des réalités dans l’interprétation des rapports de force entre puissances. A force de se répéter du matin au soir que la mondialisation des échanges est la nouvelle donne qui explique tout, les sherpas des derniers gouvernements français ont fini par convaincre leur public qu’il était dépassé de penser les réalités internationales en termes de puissance.

Depuis le début du XXIe siècle, les crises géopolitiques dans les différentes parties du monde font toutes ressortir la place déterminante de la question de la puissance dans le règlement des conflits, quelle que soit leur nature. Le recensement des jeux de puissance fait voler en éclats les images idylliques d’une mondialisation pacifiée et guidée par l’aspiration démocratique promue par les ONG et les fondations des Etats-Unis d’Amérique. Citons pour mémoire les guerres en Irak et en Afghanistan, les guerres en Lybie et en Syrie, la guerre en Géorgie, les guerres au Mali et les multiples sources de tensions en Afrique, les activités des groupes terroristes plus ou moins sous l’influence d’Etats manipulateurs, les affrontements informationnels aux quatre coins de la planète, à l’image de ceux qui déstabilisent le Venezuela depuis une dizaine d’années.

Les actions offensives de portée économique, culturelle et sociétale ne sont plus l’apanage des pays occidentaux

La démonstration du poids de la puissance (du fort ou du faible) ne s’arrête pas au périmètre militaire de l’expression de puissance. L’affaire Snowden a été la démonstration de la volonté des Etats-Unis de compenser les limites de leur pouvoir de superpuissance dans le monde matériel par une volonté d’hégémonie dans le monde immatériel. Les politiques d’accroissement de puissance sont aujourd’hui multidimensionnelles. Notons au passage que les actions offensives de portée économique, culturelle et sociétale ne sont plus l’apanage des pays occidentaux. Pour ne prendre qu’un exemple, la France était le pays leader mondial dans l’industrie de l’eau. Nos groupes avaient réussi à tenir tête aux groupes américains. Cette victoire contre le plus puissant ne nous a pas mis à l’abri de l’esprit de conquête des plus petits. La Corée du Sud, prochain pays organisateur du Forum mondial de l’eau, arrive en forces sur ce marché stratégique. L’esprit de guerre économique qui guide ses dirigeants est un signal aussi fort que la pénétration nord-coréenne des élites de ce pays en quête de réunification.

La puissance est en train de devenir la question centrale de la vie politique mondiale. Elle peut prendre des visages aussi contrastés que celle du capitalisme criminel analysé par Jean-François Gayraud ou la forme monstrueuse que prend le Brésil (une diplomatie plus performante que celle du Quai d’Orsay mais 80 000 meurtres par an, des ghettos de riches, et une population pauvre qui glisse lentement mais sûrement dans une anarchie sociétale très dangereuse).


Repères :

Rertouvez Christian Harbulot sur www.ege.fr


Philippe-Joseph Salazar,  le 16 avril 2014 : La puissance au bout de la mondialisation

L’affaire Snowden a été la démonstration de la volonté des Etats-Unis de compenser les limites de leur pouvoir de superpuissance dans le monde matériel par une volonté d’hégémonie dans le monde immatériel.
Ou : L’affaire Snowden a été la démonstration de la capacité de la Russie de compenser les limites de leur pouvoir de superpuissance dans le monde matériel par une volonté d’hégémonie dans le monde immatériel.
Qui dit vrai ? Amicalement.


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Par Jean-Claude Harbulotle 12 mars 2014 : La puissance au bout de la mondialisation

Dans l’excellent article de Christian Harbulot, trois coquilles se sont glissées :

1- "Quelle que soit leur nature."
2- "La Corée du Sud,..., arrive en force sur ce marché stratégique."
3- " ...qui glisse lentement mais sûrement..."


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