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Philippe Lagautrière, l’auto-tamponneur

dimanche 8 janvier 2012, par Jean-Luc Hinsinger

Depuis les années 1980, il crée tout un monde de caoutchouc

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Rebelle

Au jeu du chamboule-tout, Philippe Lagautrière, serait certainement ceinture noire. Depuis les années 80, le voici lancé à folle allure, sans aucun respect pour les frontières, chantre de la libre circulation des genres artistiques. Ce privilège juvénile, ignorant des codes coercitifs, il le trouve dans la multiplication de ces petits objets manipulés avec maladresse alors que l’écriture n’est pas encore parvenue à mettre de l’ordre dans nos gestes enfantins : le tampon. Comme tout un chacun, Philippe, a su d’abord écrire poule, mouton, arrosoir… à l’aide de ces lamelles de caoutchouc laissant autant de traces sur la peau que sur le papier.

Tampons de l’enfance, collection glanée au fil des ans, tampons créés et dessinés, montages esquissés dans de petits carnets… ils se retrouvent numérisés, mis en couleurs, puis projetés sur la toile, matrice d’univers multicolores dévergondés.

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Des milliers de tampons de caoutchouc conservés, collectés, imaginés et créés.

Lagautrière, dans le fond, c’est quoi ? Un collagiste ingénieux et débridé ? Un groupe rock de papier ? Un pygmalion du street-art ? Un activiste post-moderniste ? Un DJ remixeur de bande dessinée ? Un pop-arteux ? Un romancier tamponné ? Un ersatz du nouveau réalisme ? Un marchand de couleurs ? Un calembourdieux debordiant  ? Un grand reporteur ? Une abeille pollinisatrice ? Lagautrière nous offre la liberté du choix !

Et comme le hasard fait parfois bien les choses, le voici installé à Paris, à la Ruche, locataire d’un atelier anciennement occupé par Marc Chagall, dépositaire de son message : «  Peut-être vous demanderez-vous pourquoi j’ai peint des chèvres et des poissons volants, des violonistes au visage vert perchés sur les toits, des maisons qui flottent dans le ciel, à l’envers, des amoureux qui volent au-dessus de la ville… J’ai peint mon monde, ma vie, ce que j’ai vu et ce dont j’ai rêvé…  »

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Le vidéo-projecteur projette le fichier informatique au format choisi par Philippe Lagautrière pour la réalisation d’une peinture murale ou sur toile.

Repères :

La Bio :

Philippe Lagautrière, né en 1953 à Ivry-sur-Seine, est peintre et illustrateur. Il entre aux Beaux-Arts de Paris à la fin des années 70 dans le même atelier que les Bazooka.
En travaillant dans cet atelier à la recherche de «  sa marque de fabrique  », il tombe sur la boîte de tampons avec laquelle il s’amusait à l’âge de 6 ans.
Depuis, il explore toutes les possibilités qu’offrent ces images en caoutchouc montées sur bois. Ces milliers de tampons du monde entier qu’il a collectés ou bien gravés participent de leurs empreintes à la fabrication d’images-collages. Suivant le cas, elles deviennent peintures, gravures, sérigraphies, estampes numériques, ou illustrations pour la presse, l’édition ou la télévision.
Depuis 1979, il expose dans des galeries et musées à Paris, en province, mais aussi à l’étranger, Berlin, Lisbonne, Bruxelles, Budapest, Genève, San Francisco, Tlemcen, Canton, Tripoli, Amman, Edimbourg.

Exposition du 24 février au 10 mars, Galerie Oblique, Village Saint-Paul, 17, rue Saint-Paul 75004 Paris. Du mardi au samedi 14h-19h. Tél. 01 40 27 01 51

www.galerieoblique.com


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