Le botaniste David Goodall, 104 ans, suicidé assisté

Le 6 mai 2018, par Les influences.fr

Émoi en Australie : le scientifique centenaire souhaite se rendre en Suisse qui autorise sous condition de pouvoir se donner la mort.

#Mentalité

David Goodall (né le 4 avril 1914) était jusqu’alors l’une des figures scientifiques de l’écologie australienne. Et la plus vénérable : à l’âge de 104 ans, il était encore en activité. Mais en 2016, son université Edith Cowan de Perth lui avait fait savoir que ce n’était pas encore utile de venir sur le campus. Son éviction avait fait débat et après une campagne de soutien, l’université l’avait finalement autorisé à occuper un bureau en tant qu’associé de recherche honoraire au Centre de gestion des écosystèmes. Botaniste, rédacteur en chef de la série Ecosystems of the world, encore toute sa tête sur le plan intellectuel, il a pourtant prévenu le public australien qu’il se rendrait en Suisse la semaine du 7 mai afin de de se donner librement la mort, comme l’y autorise la législation du pays depuis les années 1940 et sous conditions.

"Je regrette profondément d’avoir atteint mon âge, s’est désolé David Goodall à la télévision ABC le jour de son dernier anniversaire, Je ne suis pas heureux. Je veux mourir. Ce n’est pas particulièrement triste. Ce qui est triste c’est d’en être empêché. Mon sentiment c’est qu’une personne âgée comme moi doit bénéficier de ses droits de citoyen pleins et entiers, y compris du droit à l’aide au suicide".
David Goodall n’a pas le temps d’attendre la prochaine loi sur le suicide assisté qu’autorise dans son pays, l’État de Victoria. La législation ne rentrera qu’en vigueur en juin 2019. De plus le scientifique ne remplit pas pour l’instant, les critères qui lui ouvriraient les portes de la mort, c’est-à-dire être en phase terminale avec une espérance de vie de moins de 6 mois. Or, le botaniste, s’il déplore une qualité de vie très diminuée, n’a pas de santé détériorée et n’a pas été diagnostiqué dépressif.

"Je regrette profondément d’avoir atteint mon âge". David Goodall sur ABC, 4 avril 2018.

Sa démarche a été activement soutenue en Australie. Pour financer son voyage préparatoire à Bâle, et celui définitif, une association Exit international a lancé une campagne de financement participatif qui a recueilli 17 000 dollars australiens (10 000 euros). En Suisse, David Goodall sera pris en charge par la fondation Eternal Spirit, présidée par la docteur Erika Preisig. Cette médecin généraliste est à la tête de l’une des trois principales associations suisses qui assurent la MVA (Mort Volontaire Assistée). Il y a deux ans l’association a du déménager car un voisin se plaignait d’ "oppression psychique" du fait de cette proximité. La prestation, que ce soit pour les citoyens suisses comme les volontaires étrangers, tourne autour de 10 000 euros.
Loin de Sidney, et dans un petit studio de Bâle au décor apaisant et aux couleurs pimpantes, le plus que centenaire ingérera alors 15 grammes de pentobarbital de sodium, sombrera dans un coma profond trente secondes plus tard et 4 minutes de plus, tout sera fini.




Poster un nouveau commentaire


Le Caoua des idees L'article du jour
Paradoxe, alors qu'une industrie s'inspirant de la nature est en train de se développer, le changement climatique et le saccage de la planète détruisent le plus grand gisement naturel d'idées. Lire l'article

ABONNEZ-VOUS, C’EST NOTRE TOURNÉE !

Le Caoua des idées est notre projet de quotidien numérique des idées, disponible par abonnement, que nous lancerons en mars 2019.

En attendant, abonnez-vous gratuitement à notre newsletter : au fil des jours, vous bénéficierez en premium de nos contenus et découvrirez l’état d’esprit d’un beau projet éditorial.