Le plastique européen vaut de l’or vert

Le 4 mars 2018, par Les influences.fr

L’idée : La Commission européenne envisage de réduire les déchets plastiques en les rentabilisant par l’économie circulaire.

#Mentalité

À la mi-Janvier, l’Europe a décidé de s’ attaquer au continent de plastique qui grignote ses terres et les mers. La Chine avait pris les devants il y a quelques mois, refusant désormais d’importer toute une série de déchets destinés au recyclage qu’elle ne considère pas d’assez bonne qualité. Interdiction de faire venir sur son sol toute une série de déchets de plastiques, papiers et textiles jugée non recyclable.
La Commission européenne elle verrait presque une belle opportunité dans le traitement de ses déchets de plastique. Ils représentent même " un élément essentiel de la transition de l’Europe vers une économie à faible intensité de carbone et circulaire, et contribuera de manière tangible à la réalisation des objectifs de développement durable à l’horizon 2030 et à l’accord de Paris" trompette un communiqué de la Commission, fort de cette enquête d’opinion qui fait ressortir que 74 % des Européens s’inquiètent des effets des plastiques sur leur santé et 87 % de leurs effets sur l’environnement.

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Une soupe de plancton mêlée à des débris de déchets plastiques a été retrouvée dans l’Antarctique par la mission Tara (CNRS).

La stratégie imaginée est de rentabiliser les déchets plastique en les recyclant toujours plus. 5% seulement des matériaux d’emballage en plastique reste pour l’instant dans l’économie, autrement dit et analysé, 95 % sont perdus dès leur première utilisation de plus en plus brève, flux tendus obligent. Soit entre 70 et 105 milliards d’euros partent en fumée dans ces matières plastiques non recyclées et qui mettent des centaines d’années à se décomposer, et finissent dans les décharges maritimes et jusque dans le plancton de l’Antarctique. Environ 26 millions de tonnes de déchets plastiques sont produites en Europe chaque année, moins de 30 % de ces déchets sont récupérés en vue d’un recyclage et un gros volume sort de l’Union pour être refourgué à des pays tiers moins sourcilleux en terme de norme écologiste. Pour rappel, le secteur des matières plastiques de l’Union emploie 1,5 million de personnes et a généré un chiffre d’affaires de 340 milliards d’euros en 2015.

Beaucoup d’emballages plastiques non scannables ou en papier plastifié échappent au tri

Les Européens se débarrassent de ces matières en les mettant en décharge ou en les incinérant. Et les bons citoyens trieurs peuvent se décourager quand ils savent qu’une grande partie des emballages utilisés ne peut pas être recyclée, ou ne l’est que difficilement - c’est le cas, par exemple, des barquettes à usage alimentaire de couleur foncée qui ne sont pas repérées par les scanners de tri, ou des gobelets en papier plastifié destinés à contenir des boissons chaudes (Lire communiqué).
Objectif européen : "que tous les emballages plastiques soient recyclables d’une manière économiquement efficace d’ici à 2030 ". Le ministère de l’écologie devrait rendre publique son train de mesures -pas si faciles que ça à mettre en place- en mars. De la bouteille de plastique aux lèvres écolos, il reste encore beaucoup de chemin.




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