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Les Borgia, un petit blasphème d’Euro RSCG

vendredi 2 décembre 2011, par Les influences.fr

Le Jury de Déontologie Publicitaire a reconnu qu’une affiche de la série Les Borgia sur Canal + portait atteinte à la dignité de la personne

Après un célèbre ex candidat possible à la présidentielle qu’elle envisageait de conduire à l’Elysée, la série Les Borgia empoisonnerait-elle à son tour l’agence Euro RSCG ?
Le Jury de Déontologie Publicitaire (JDP), juge de paix de la profession, vient de trancher au sujet de la pub de la série des Borgia, réalisées par l’agence pour son client Canal Plus. Une "plainte partiellement fondée" ont estimé les sages du JDP, saisis en septembre dernier par quatre particuliers probablement croyants.
"Les plaignants, qui sont des particuliers, considèrent que ces affiches sont blasphématoires, en ce qu’elles reprennent des symboles ou personnages de la religion catholique" indique l’organisme. Aux yeux de ces plaignants, le traitement visuel par le photographe David LaChapelle pour Euro RSCG, prend un malin plaisir à l’amalgame culturel entre l’époque actuelle et celle des Borgia.

Particulièrement incriminées, dans cette série de quatre affiches de promotion : l’affiche où un homme s’agenouille toute honte bue, sa tête tout contre le pubis de la belle Lucrèce.
Les faits également que les décors des images soient des vitraux et que la tête des personnages soit entourée d’une auréole ont aussi contrarié ces plaignants.

Tel un procès à la controverse de Vallaloïd, agence et client se sont évertués à expliciter leur intention et à décrypter leur iconographie, devant leur juge professionnel.
La société Canal + Distribution a fait acte de contrition, mais contesté les amalgames avancées par les plaignants, faisant valoir que le slogan "N’ayez pas foi en eux" ne visait pas les affidés de la religion catholique.

Des affiches qui ne sont pas porno-soft mais érotiques

Euro RSCG a décortiqué particulièrement un visuel représentant Lucrèce : "elle ne parodie nullement une image de la Vierge. Il s’agit d’une représentation de l’actrice principale de la série, rousse, vêtue de vert et qui par son apparence même ne peut donc symboliser la Vierge, traditionnellement représentée vêtue de bleu et de blanc ou de bleu et de rouge." a plaidé le publicitaire. Il s’est cabré également contre l’accusation de "porno soft" des affiches, y voyant une touche "érotique".
Quant à l’attitude équivoque des personnages, elle a juré que celle-ci " ne pouvait pas être interprétée comme telle par le jeune public qui ne peut décoder la posture érotique, seul un public averti étant susceptible de donner une seconde lecture à ce visuel".

Au bout de ces discussions, Le JDP a charitablement repoussé l’accusation de blasphème, mais retenu un péché de sexisme, et même d’atteinte à la dignité de la personne pour une des affiches. Le juge de paix s’est appuyé sur un avis de l’ARPP émis en juillet dernier, et que n’avaient pris en compte ni Euro RSCG ni Canal + : "il avait déconseillé la diffusion du visuel montrant l’homme agenouillé, de dos, devant la femme dénudée, en précisant que « la position, associée à la tenue de la femme, évoquent une situation d’acte sexuel » et conseillé d’atténuer la présence de sang sur le visuel du personnage tenant la faux" précise le jugement.

"Les plaintes sont partiellement fondées en ce que l’affiche représentant Lucrèce Borgia ne respecte pas les dispositions de l’article 1/1 de la recommandation Image de la personne humaine, explique le jury, soit « La publicité ne doit pas être susceptible de heurter, choquer ou même provoquer le public en propageant une image de la personne humaine portant atteinte à sa dignité et sa décence  » Si d’aventure, une campagne était relancée, cette affiche-là ne devrait pas être rediffusée en état.


Repères :

L’intégralité des arguments et du jugement :

www.jdp-pub.org


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