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Les néo-cons français préparent leur journal en kiosques

lundi 30 novembre 2009, par Emmanuel Lemieux

La revue Le Meilleur des mondes, présidée par André Glucksmann, devrait connaître une nouvelle formule bimestrielle à partir de 2010 et devenir un magazine moins confidentiel. Le retour du néo-conservatisme ?

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Le philosophe André Glucksmann est l’un des piliers du futur magazine Le Meilleur des mondes.

Alors qu’à cette rentrée, les essais se bousculent pour raconter la droitisation du pouvoir intellectuel, de Daniel Lindenberg (Le Procès des Lumières, Seuil) à Jean Birnbaum (Les Maoccidents, Stock) en passant par l’historien américain Michael Scott Christofferson, proche de Robert Paxton, (Les intellectuels contre la gauche, Agone), le pôle intellectuel français le plus explicitement néo-conservateur ne cache pas ses ambitions : La revue Le Meilleur des mondes change de formule pour 2010, ainsi que de périodicité (mensuelle au lieu de trimestrielle) et élargit son périmètre de diffusion ( des 5 000 exemplaires diffusés par abonnements et en librairies à une diffusion en kiosques et un point mort estimé à 20 000 exemplaires vendus).

« Jamais notre revue ne s’est réclamée du néoconservatisme ! Mais cela importe peu à nos détracteurs, plus souvent guidés par l’ignorance que par la mauvaise foi », se défend régulièrement le rédacteur en chef Michel Taubmann, ancien journaliste d’Arte, ex militant trotskyste pabliste. Décrit par ses détracteurs comme étant un foyer de néo-conservateurs, la revue Le Meilleur des mondes est née dans le sillage des rencontres dits de l’Oratoire, sous la houlette du pasteur Florence Taubmann. Cette personnalité explosive du monde protestant, qui fut la seule à défendre dans son église, le principe d’une intervention américaine en Irak, a réuni régulièrement les partisans de l’intervention américaine, les partisans d’un Quai d’Orsay troquant sa politique arabe contre un soutien franc et massif à Israël tels Pascal Bruckner, Pierre-André Taguieff ou Bernard Kouchner.

Rue du Cherche-Midi au siège des éditions Denoël, et de la revue dont le tirage avoisinait les 5 000 exemplaires pour 3 à 4000 vendus, et que co-dirigent l’éditeur Olivier Rubinstein, Michel Taubmann, la rédaction s’était livré à en avril 2008 à une sorte de réajustement éditorial, modérant les succès du mandat Bush. C’est d’ici que Nicolas Sarkozy a reçu durant la campagne présidentielle, ses meilleurs soutiens intellectuels : André Glucksmann, Pascal Bruckner et Marc Weitzmann font partie du comité éditorial.

La revue cultive l’ambition de régénérer la diplomatie française, et veut « s’inscrire dans la tradition de la gauche libérale américaine », récusant ainsi la qualification de néo-cons. Les frontières sont poreuses entre les différents cercles de réflexion, et ne recoupent pas toujours les classiques clivages. Guillaume Duval, rédacteur en chef adjoint d’Alternatives économiques, collabore aussi bien à la revue Le Meilleur des mondes qu’à l’expertise du nouveau think tank proche du PS, Terra Nova. Si l’exportation du néo-conservatisme américain a lamentablement échoué, l’autre ambition du Meilleur des mondes est "de vaincre l’ennui intellectuel".

Reste qu’après l’Irak, le nouveau tropisme international de la revue, ou la nécessité d’un nouvel ennemi selon les théories de Carl Schmitt, semble être l’Iran. Avec une idée assez précise, particulièrement conduite par le rédacteur en chef Michel Taubmann, spécialiste de la géopolitique iranienne : soutenir les opposants au gouvernement iranien, suggérant le retour au pouvoir du fils du Shah. Michel Taubmann et Reza Palhavi ont ainsi publié cette année, un livre d’entretiens intitulé "L’Heure du choix" (Denoël). La crise financière, économique et sociale ont laissé pour l’instant à l’arrière-plan médiatique, les ambitions de la revue.


Repères :

www.lemeilleurdesmondes.org


Par edouardle 2 décembre 2009 : Les néo-cons français préparent leur journal en kiosques

Monsieur Lemieux,

si vous ne l’avez pas encore fait je vous conseille de lire
Tempête sous un crâne : L’Amérique en guerre, de Sébastien Fumaroli ; Ce livre est un ensemble d’ interview des principaux idéologues du néo-conservatisme.
Il n’y absolument rien de commun entre ce que ces idéologues prônent et ce qui est écrit dans le Meilleur des Mondes


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