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Obsolescence

jeudi 25 octobre 2012, par Audrey Minart

Tags : Obsolescence, Serge Latouche

Renouveler un ordinateur tous les trois à quatre ans, changer de portable tous les deux, préférer acheter neuf plutôt que de faire réparer… Autant de comportements devenus habituels pour l’Homme contemporain et qui a un mot désormais : obsolescence.

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L’économiste Serge Latouche qui vient de sortir un petit essai à ce sujet, en distingue trois types « L’obsolescence technique » est la seule qui ne soit pas totalement délibérée, mais inhérente à l’usure d’un produit. « l’obsolescence psychologique, ou dynamique », la plus insidieuse, sans doute la plus efficace dans sa visée, veut convaincre au remplacement grâce au soft power du marketing, de la propagande publicitaire et de l’industrie du crédit. L’auteur situe sa naissance en 1928, au moment où Général Motors lance sa Chevrolet pour concurrencer Ford misant sur le design, sans améliorer le produit pour autant. La dernière forme, la plus connue, « l’obsolescence programmée » qui consiste à induire un point d’usure, puis un process de dégradation dans le but d’obliger le consommateur à renouveler dans des cycles de plus en plus courts, ses équipements. Mais après tout, ce cynisme des fabricants ne serait-il pas bon pour la productivité et l’emploi ? Selon Latouche remarque que le nombre de métiers de « réparateurs » ayant disparu, dépassent selon lui le nombre d’emplois créés. Il s’agirait donc de gaspillage programmé.

Nul retour à la bougie, « renoncement ascétique » ou « technophobie » n’est cependant prôné ici. Serge Latouche défend par exemple la machine à laver, qui aurait participé à l’émancipation de la femme, mais préconise son usage communautaire comme c’est l’usage dans nombre de quartiers en Suède. Le matérialisme n’y est pas non plus mis à l’amende, l’auteur invitant en effet à retrouver « cette faculté d’émerveillement » devant la technologie. Serge Latouche en appelle à la raison tel Epicure : « L’homme qui n’est pas content de peu, n’est content de rien. » Epicure semble en obsolescence programmé dans l’hyperconsommation.


Repères :

- « Bon pour la Casse. Essai sur l’obsolescence programmée », Serge Latouche, Editions Les Liens qui Libèrent (Paris). Publié : le 3 octobre 2012.


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