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Pour une Rachida Dadaïste

vendredi 30 décembre 2011, par Denis Parent

Tags : Rachida Dati

On ne peut pas aimer Dada, elle ne veut pas l’être

Parlons de Rachida. Elle raffole qu’on parle de Rachida, Rachida. Rachida Dati, surnommons la Dada pour commencer. Elle est tellement surréaliste la diversitaire. Par la grâce du prince elle monta un jour au firmament de la république pour y garder les sots. Elle est beur, elle est juge, elle est belle, trois excellentes raisons politiques d’opérer une diversion sur sa plastique. Mais Dada est rétive. Et dit-on dans les milieux qui l’ont adoubé, caractérielle.

Le président, son-excellence-en-personne entretient avec l’impétrante une relation qui, vu d’ici, laisse croire qu’un jour ils s’attirèrent et ceci est un prudent euphémisme. L’énergie avec laquelle son excellence-en-lui-même cherche désormais à nuire à Dada, mobilisant la piétaille et les courtisans, les médias séniles et les obligés ressemble beaucoup à un dépit. Lui aurait-elle jeté un charme, un jour, l’orientale ? Aujourd’hui Dada horripile Colas, de ces rages qui auraient pu être littéraires, tragiques, si d’aventure l’un et l’autre avaient été lettrés. Ca restera des règlements de compte entre gens de rue, la rue du faubourg Saint Honoré. S’intéresser à Dada aujourd’hui, au crépuscule de son excellence-en-soi, ce n’est pas se commettre dans le foireux débat sur la positive discrimination, comme on dirait la positive attitude. Non c’est parler d’elle comme d’une femme. Or, le sujet résiste.

Moi, si j’étais conseiller en communication, fatalité qui, par la grâce de Dieu m’a été épargnée, je dirais à Dada d’avaler un petit philtre de tendresse

On ne peut pas aimer Dada, elle ne veut pas l’être. Elle a aimé, elle a accouché, elle fait commerce politique de son charme, et pourtant elle n’est que bec et ongles. Un peu trop de maquillage et l’on aurait Cruella, ou : dans la famille Adams je demande la mère. Mais non Dada est jolie, chic, parfumée, capiteuse, griffée de la fringue, joaillée de partout, elle se montre à la hauteur de la bourgeoise qu’elle s’est enjoint d’être. Mais sa féminité en apparence si grande, qui la fait aimer, malgré tout, des braves gens, suscite plus d’applaudissements que de convoitise. On aurait le droit de tomber amoureux d’une politique. De voter pour elle par désir. Ca s’est vu, ça se reverra. La bonne gouvernance procède aussi de la beauté. Mais dans le parfait assemblage qui constitue Dada, il manque quelque chose. De la douceur certes. De l’humour aussi. De la simple gentillesse parfois. Mais c’est hors de question, il lui faut tuer pour être à la hauteur de son excellence-little-big-man. Tuer pour dire je ne suis pas une femme arabe, tuer pour dire je suis une Française issue de la diverse diversité, tuer pour exister. Belle carrosserie, un tigre dans le moteur. Je me souviens d’Elisabeth Guigou qui était jolie (elle l’est sans doute encore) compétente, impérieuse, mais le pouvoir n’avait en rien étouffé ses dentelles. Dada doit être belle pour incarner l’absolue frigidité politique.

A cause de ce qu’elle est. Moi, si j’étais conseiller en communication, fatalité qui, par la grâce de Dieu m’a été épargnée, je dirais à Dada d’avaler un petit philtre de tendresse. Je laisserais trainer un peu de mon rouge à lèvres sur des serviettes. Je filerais mon collant. Je décocherais avec un sourire candide un trait d’esprit en direction du costardé Fillon. Peut-être, dans ma mairie parisienne, je serai simplement réélue parce que j’ai écrit de ma main des cœurs sur des sous-mains, parce que je mets des ronds et non des points sur mes i.


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