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Pyongyang met les gaz

Le 19 septembre 2011, par Arnaud Vojinovic

Un accord de fourniture de gaz entre la Russie et la Corée du Nord signera t il la fin de l’isolement du pays le plus fermé au monde ?

#Corée du Nord #Corée du Sud #Dimitri Medvedev #Gazoduc #Kim Jong-il #Les notes coréennes #Russie

C’est lors du déplacement de Kim Jong-il en Russie au mois d’août dernier afin de rencontrer Dimitri Medvedev que la Corée du Nord a émit un avis favorable à la construction d’un gazoduc sur son territoire. L’annonce n’est pas anodine car le but est de pouvoir fournir du gaz à son ennemi juré du sud qualifié habituellement dans la dialectique nord coréenne de régime-fantoche-à-la-solde-des-Américains. La Corée du Nord, confrontée au changement de politique internationale de ses alliés historiques plus basée sur un réalisme économique qu’un soutien fraternel, connaît une situation économique interne tendue. Les sanctions américaines venant compliquer la donne, la recherche de devises étrangères est un souci constant pour le régime de Pyongyang.

Si la Chine a déjà commencé à grignoter le pays du « Cher Leader » depuis une dizaine d’années, en s’octroyant des droits d’exploitation sur le territoire nord coréen (exploitation minière, location d’un accès au port de Raijin et donc sur la mer de l’Est, installation d’une zone franche sur les îles de Hwanggumphyong et Wihwa du fleuve frontalier etc …), Pyongyang cherche à tout pris de se libérer de l’étreinte chinoise. L’arrivée de capitaux russes pourrait être la solution. Moscou commence à pousser ses pions dans la péninsule mais pas à n’importe quel prix. Bien que les experts russes aient contredit les conclusions du rapport sud-coréen pour la corvette ROKS Cheonan, Moscou n’a jamais soutenu la politique nucléaire agressive du nord. Ce voyage signe le réchauffement diplomatique entre les deux pays, ce que confirme l’annonce faite par Kim Jong-il d’un moratoire sur l’armement nucléaire. A la clef : 50 000 tonnes de blé, des manœuvres militaires conjointes mi-septembre et un projet industriel qui prévoit la construction d’un gazoduc de 1 700 kilomètres susceptibles de livrer 10 milliards de m3 de gaz par an à Séoul. Les équipes de Gazoprom se sont déjà rendues à plusieurs reprises en Corée du nord pour finaliser le dossier.

Un effet de cet accord pourrait être la fin des négociations erratiques et difficiles sur la dénucléarisation de la péninsule : devenant effective de fait car préalable à une bonne entente avec la Russie sans donner l’impression de céder devant la Corée du sud ou les Etats Unis. Les russes s’imposeraient ainsi dans le jeu géopolitique des américains et japonais, tout en laissant une option ouverte avec Séoul. Ensuite là où les experts imaginaient un effondrement du régime étranglé par ses difficultés économiques, des famines récurrentes et une improbable succession, les dirigeants nord coréens, fort de cette nouvelle coopération, pourraient affirmer leur emprise sur une population captive.




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