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Robert Pobi, l’écorcheur du Canada

samedi 9 juin 2012, par Vanessa Postec

L’Invisible : Une machine de guerre, au suspense à faire péter le tensiomètre

Il y a, paraît-il, encore des couillons pour croire que la réalité dépasse la fiction. Raté. Même le dit « Dépeceur de Montréal » fait figure d’enfant de chœur à côté du tueur d’Invisible. Ok, on ignore si le premier n’a pas eu le cran, comme le second, d’écorcher vif ses victimes, ou s’il n’en a simplement pas eu l’idée, mais ce n’est pas vraiment ce qui nous intéresse. Ce qui nous intéresse, c’est d’avoir entre les mains un thriller tellement bien fichu que la vaisselle et la couche du bébé attendront des jours meilleurs. Autrement dit : quand on en aura terminé la lecture.

C’est un premier roman, dont on se demande bien un peu s’il sera suivi d’un second – voire d’un deuxième –, tellement il y a déjà tout dedans, la maîtrise, l’intelligence, le sens de la narration et du rebondissement. Son auteur, Robert Pobi, est Canadien, et doit être, en plus d’un excellent écrivain, gentiment siphonné. Parce que son histoire, elle est perverse, malsaine, démoniaque, machiavélique, et tout synonyme en « –iaque » et « -ique » qu’il vous plaira d’ajouter.
Le pitch ? Jake Cole, qui travaille pour le FBI sur des affaires bien tordues, est de retour à Montauk, en Nouvelle-Angleterre, après avoir quitté la ville voilà plus de trente ans : son père, un peintre célèbre, victime de la maladie d’Alzheimer, est hospitalisé suite à un accès de démence. Coup de chance, c’est pile à ce moment-là qu’un assassin fait coup double : une mère et son enfant écorchés vifs – ou désépithélialisés si l’on veut faire chic et savant. Jake Cole, tout en prêtant main forte au shérif ne manque évidemment pas de faire le rapprochement avec un meurtre commis des années plus tôt et qui l’a concerné de près…

« L’Invisible va vite rejoindre le cercle très fermé des incontournables du genre »

C’est déjà très très bien, tout ça. Surtout que le psychopathe ne s’arrête pas en si bon chemin, et qu’il se pourrait bien que la clé de l’énigme réside dans une série de plusieurs milliers d’étranges tableaux peints par le père de Jake, et qui semblent former un puzzle. Suffisant, en tout cas, pour ficeler un thriller qui fait frémir dans les chaumières. Et voilà-t’y-pas que Robert Pobi nous colle par là-dessus un ouragan, pas une gentille petite tempête, ou un gros coup de vent, non l’ouragan qui mérite bien son nom, du genre à faire passer Katrina pour une douce pluie d’été.

L’éditeur nous annonce que L’Invisible « va vite rejoindre le cercle très fermé des incontournables du genre, aux côtés de Ne le dis à personne et du Silence des agneaux. » Nous, on trouve que ce bouquin-là est mieux que les deux autres réunis. C’est une machine de guerre, au suspense à faire péter le tensiomètre. Un pur « divertissement  », qui ferait son petit effet sur grand écran, avec pop-corn et esquimaux géants. Avec, aussi, quelques perles qui font marrer. « J’imagine qu’appeler un homme de 45 ans un garçon est plus ou moins une insulte, mais quand tu es aussi vieux que moi, toute personne qui n’a pas besoin de se retenir les couilles avec du Scotch pour éviter qu’elles cognent contre les genoux est un gamin.  » Et ça fait du bien de rire : ça rappelle que la fiction, c’est comme la réalité. En plus distrayant.


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