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Saoudisation

L’Arabie Saoudite, pas mieux que des assassins ordinaires

jeudi 23 juin 2016, par Pierre Pelot

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Au VIIe siècle, dans une péninsule du sud ouest de l’Asie, était un type qui se fit proclamer par des sympathisants dans le besoin dernier prophète de dieu et du coup porteur, traducteur et diffuseur de ses préceptes. Ce héraut s’appelait Mahomet et il mit tout cela (les préceptes) dans un livre, destiné à faire un sacré succès de librairie. Il n’y a pas que de nos jours que n’importe qui peut écrire un livre. En l’occurrence, il s’agissait d’un livre des lois, en quelque sorte. Il n’est quasiment bon qu’à cela, dieu, si on réfléchit bien. Edicter des lois, donner des ordres. Faites comme je dis pas comme je fais. Il y avait là-dedans, donc, tous les ingrédients de fond pour le menu d’une religion. Insuffler l’idée que dieu est un truc unique et inimaginable, déjà. Ça facilite et c’est futé. Que l’âme est mortelle et que le but de l’existence est d’adorer dieu — ça aide d’autant. Pour cela, on lui colle une majuscule, à Dieu, ça légitime, en somme. D’autres avant lui, le Mahomet, bien avant lui, s’y étaient collés et avaient chanté la chanson, des dénommés Adam, Abraham, Moïse, Jésus, toute une flopée d’amateurs qu’on connaît moins. D’autres avaient écrit des livres. Seulement voilà, le coup de génie de Maho, qui n’avait peur de rien, ce fut de prétendre que cette parole de Dieu récupérée par ses soins, sans témoins certes mais il fallait le croire sur sa parole à lui, autrement dit l’islam monothéique-abrahamique-dogmatique, c’est en vérité une sorte de compilation totale, absolue, universelle d’une foi première essentielle révélée par morceaux auparavant par différents bateleurs — cités plus haut. Ce qui nous donne donc un retour à la source, la vraie source, augmenté et complété, relu et corrigé.
Malin.
Nous avons l’islam, son auteur ( ou prophète) et son livre ( ou coran). Avec une majuscule aussi : Coran. On ne peut pas représenter Dieu même en majuscule, c’est sa loi, mais on peut le représenter sans souci par sa parole. C’est comme ça.
A l’heure où nous imprimons ces lignes, 1,7 milliards de fans de cette croyance vont et viennent en liberté de par le monde.
Mais ce serait trop simple, si ce n’était que cela, même si cela n’est pas si simple. Parce que ce qui devait arriver arriva, forcément, et notre spectacle fit des petits. Le courant de l’islam se subdivisa en différents autres courants, dont les principaux sont le sunnisme et le chiisme, aux particularités, pour l’un, d’avoir un nom qui comprend deux « nn », l’autre un nom qui dérape et freine sur deux « i ».
85% des musulmans sont sunnites, nous dit-on. Nous voulons bien le croire. L’Arabie Saoudite est sunnite. Laissons les ibadistes de coté. Les Chiites seraient plutôt l’Iran, l’Irak, le Bahreïn. Tout cela résulte d’une pagaille dans la succession de Mahomet, une fois la mort d’icelui venue.
L’Arabie Saoudite est un pays ami. Pas avec moi personnellement, mais avec la France. C’est un royaume. Sa religion d’État officielle est l’islam d’obédience wahhabite – issu de l’islam sunnite hanbalite. On reconnaît les Saoudiens à leur longue chemise de nuit blanche qu’ils portent même en plein jour et dans la rue, leur coiffure faite d’une serviette à damiers rouge et blancs maintenue sur leur tête par le rond assorti. Les Saoudiennes sont par contre difficilement reconnaissables sous le voile.

L’Arabie Saoudite est un pays ami. Pas avec moi personnellement, mais avec la France

Le droit saoudien est officiellement fondé sur la charia, traditionnellement basé sur la coutume, en réalité. Obtenir le soutien d’un avocat au cours d’un procès est pratiquement impossible et refusé. Les accusés de délits sont reconnus généralement coupables sur la base d’aveux obtenus sous la torture. De nombreux « crimes » , tels l’homicide volontaire, le viol, la sorcellerie, le vol à main armée, l’adultère, la sodomie, l’apostasie, le prosélytisme on musulman, le trafic de stupéfiant, le sabotage, l’espionnage, la trahison, la défiance vis-à-vis de la famille royale sont passibles de la peine de mort. Demander une déforme pour le royaume vous fera courir le risque de prison. Détenir une bouteille de vin peut vous valoir le fouet.
Propager de la pornographie se paie 5 ans de prison et une amende de quelques millions de riyals saoudiens. Une nouvelle loi récente punira une femme qui consulte le téléphone portable de son mari sans lui en demander l’autorisation, de coups de fouet, de la prison ou une amende. Monsieur étranger, madame étrangère, si vous êtes jugés trop beaux, un ( je cite) « comité pour la promotion de la vertu et de la prévention du vice » pourra vous déclarer « tentateur » et vous faire reconduire à la frontière de ce grand pays, manu militari, en prévention d’éventuels troubles de l’ordre public (sic). Les mochetées sont bienvenues.
Droits d’association, d’expression, liberté d’opinion absolument non garantis. Droits de la femme très limités. Liberté religieuse minimalisée. C’est ainsi que parmi bien d’autres Mohammed al-Nimr, jeune chiite arrêté pour manifestation contre le régime, le fou, à 17 ans, est condamné à être décapité et crucifié publiquement…
C’est ainsi que :
« L’ambassadeur d’Arabie Saoudite auprès des nations Unies, Faiçal Trad, présidant un groupe au sein du Conseil des Droits de l’Homme, a bien confirmé que « Le roi d’Arabie Saoudite a ordonné la décapitation de 28 membres du personnel, qu’il considérait comme responsables de la chute de la grue qui a causé la mort de 1300 pèlerins à La Mecque. Les décapitations ont eu lieu immédiatement en place publique ».
Exécutées avec un grand professionnalisme et une certaine désinvolture détachée, au vu de la cérémonie que laisse la vidéo filmée en cachette…
Oui, l’Arabie Saoudite est un pays ami de la France, qui lui vend des armes et lui achète du pétrole, qui reçoit sur son sol des familles entières de ses ressortissants bourrés de thunes qui font la joie de nos braves commerçants en produits de luxe, appartements, immeubles, que sais-je. Club de football… ah non c’est le Qatar, ça. C’est le gaz naturel, le Qatar. Un peu le pétrole quand même… Mais c’est les amis de la France aussi, et ils sont juste accusés de financer l’extrémisme islamique, les qatariens, sont assez champions de la peine de mort et des droits de l’homme et de la flagellation aussi, et autres babioles telles de les relations extra conjugales interdites ( ? ) et l’homosexualité passible de la peine de mort…

La France aime l’Arabie Saoudite, grand pays dirigé par des barbares assassins coiffés de serviettes de table propres et bien repassées. Doit-on plutôt dire : le gouvernement français aime ces salauds ( je n’ai pas trouvé de meilleur qualificatif ) d’un autre âge riches à en crever ( mais qui n’en crèvent pas ) ? Mais qui est le gouvernement français, en l’occurrence ? François ? Ses ministres ? Ses copains estampillés gouvernementaux ? Si ce n’est toi c’est donc ton frère, dit la fable. Si ce n’est toi, François, c’est donc ceux des tiens qui se sot calés aux manettes. On sait bien que c’est ça, un gouvernement. Que c’est une bande, pas un seul homme, pas seulement toi François, qu’au-delà de toi il y a la politique, le commerce, les puissances… l’horreur. Qu’il fallait être un sacré bonhomme, François, pour se la coltiner l’horreur. La surmonter. Pourquoi pas la combattre et l’éradiquer, en rêver en tout cas. Pas l’attiser. Pas décorer de la légion d’honneur ( d’horreur ? ) le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed Ben Nayet, ministre de l’intérieur par ailleurs en plus qu’héritier d’un État gouverné par une religion certes ancestrale certes répandue, certes puissante, et non moins certes barbaresque arriérée aveuglément dépassée, inhumaine, cadavre rutilant aveuglément maintenue sur ses béquilles d’or noir. Il fallait, certes, François. Ne pas au contraire nous laisser pantois devant la singulière aptitude qui fut la tienne à saboter tes années de pouvoir, dont on gardera surtout l’image d’un quinquennat de commémorations pluvieuses au fil des catastrophes, de promesses et d’espoirs et de croyances à la dérive sur le bord d’un courant délavé.


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