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Stop-Djihadisme : le clip qui tue

vendredi 30 janvier 2015, par Philippe-Joseph Salazar

La campagne de prévention du gouvernement français afin de décourager le départ vers la Syrie des volontaires au Djihad accumule les bévues. Philippe-Joseph Salazar, auteur d’un Mahomet : Récits français de la vie du prophète (Klincksieck, 2005), et qui prépare un livre sur la rhétorique terroriste (Lemieux-Editeur), nous en propose un décryptage.

Le cinéma français, chez les Anglo-Saxons, a la réputation d’être à la fois esthétique et verbeux : de la belle image et de beaux dialogues. La vidéo lancée sur le web par le gouvernement contre le terrorisme islamique ne dément pas cette accusation. De la belle image et de belles paroles.

Comme le sujet est sérieux, et puisque c’est mon métier, je vais analyser ladite vidéo – qui, à consulter le web, a eu très peu d’impact, sauf bien entendu en France car, contrairement à ce que disent bien des médias, ce clip n’est ni un « choc », ni un « décryptage », ni une « analyse de techniques de propagande ». Mais un coup d’épée dans l’eau. Ou un pétard mouillé. Je vous laisse le choix des armes. Je laisse là le sarcasme. Je passe à l’analyse.

Analyse du clip Stop-Djihadisme : confondre communication/contre-communication et persuasion/dissuasion

Le choix de la plateforme de mise en circuit : Daily Motion. On sait que le Fond d’investissement stratégique du gouvernement français a investi depuis 2009 des sommes considérables dans cette entreprise, au point que Madame Kosciusko-Morizet, alors secrétaire d’Etat au numérique, avait proclamé que le FSI s’engageait « pour la première fois financièrement dans une grande entreprise française spécialisée dans les contenus numériques ». Tout en espérant que, boulevard Malesherbes, le siège social de Daily Motion et ses employés ne deviendront pas les cibles d’un attentat, maintenant qu’ils sont, entreprise et employés, d’effectifs sous-traitants de la lutte anti-terroriste et de la propagande d’Etat, et tout en comprenant que par ces liens étroits l’Etat veuille aussi du retour sur investissement, il n’en reste pas moins que Daily Motion est un acteur mineur d’internet. D’autre part une étude récente du Centre Woodrow Wilson [1] démontre que, plus encore que Facebook, c’est Twitter et TwitLong qui sont les réseaux sociaux favoris par le canal desquels les Djihadistes rentabilisent leurs appels au recrutement. Daily Motion et You Tube ont un effet d’appel, mais Facebook et Twitter répercutent et accélèrent l’effet d’appel par un suivi d’échanges.

L’impact : sur le site-même de Daily Motion le clip en question n’apparaît ni comme « trending », ni comme « Most popular », ni comme « Most viewed today » (le présentateur télé Cyril Hanouna est n° 2, lui). Sur un site féru en images choc sur la Syrie, LiveLeaks : 3 commentaires, et pas des plus diserts. Tout le monde peut donc constater que le clip est un pétard mouillé : Daily Motion aurait pu, au moins, maquiller les statistiques. C’est évidemment You Tube qui aurait dû être mis à contribution si les services de lutte anti-terroriste voulaient un effet « massif », comme certains l’ont dit. Le problème de fond, et l’erreur, de ceux qui ont conçu cette vidéo de cinéma d’Art et d’Essai est d’avoir confondu communication, ici une contre-communication, et persuasion, ici une dissuasion. Ils ont voulu faire acte de persuasion/dissuasion – convaincre un public cible, « les jeunes », de ne pas rejoindre les forces armées du Califat – mais ils n’ont fait qu’acte de communication, ou de contre-communication. Je vais essayer de démonter la question par une analyse du clip.

Données techniques : le clip dure une minute cinquante. La longueur optimale d’un clip est 3 minutes. Rien à dire donc. La structure du clip est la suivante : une section de captation d’attention, 23 secondes ; 4 segments argumentatifs composés d’un premier message, d’un sous-clip, et d’un message final, chaque segment durant 19 secondes ; un message de conclusion, 6 secondes ; les logos et liens institutionnels pour finir, 5 secondes.

Le segment introductif et la phrase qui pose le premier problème : celui qui regarde le clip est mis dans la situation de quelqu’un, « un jeune », qui navigue sur le web à la recherche d’informations sur le Djihad – ça ressemble à Facebook évidemment. A fur et à mesure de cette navigation, les images se font de plus en plus crues, imitant donc une recherche de plus en plus précise par cet internaute fictif, et culminant sur un égorgement (à 00.07). A 00.14 celui qui a navigué jusqu’au point de non-retour se voit directement interpelé, par un signal sonore annonçant l’arrivée d’un message : « j ai des amis la bas ki sbattent jte met en contact ».

Le problème du destinataire : rappelons que si le clip est fictif (il ne s’agit pas d’un clip djihadiste ou califal) il a pourtant été mis sur le web afin qu’un jeune, naviguant la toile, tombe dessus, et puisse le prendre pour un vrai clip, pendant quelques secondes juste le temps nécessaire pour que l’argumentaire persuasif/dissuasif s’enclenche. Le but est d’éviter que si une situation réelle de recrutement se présente, le scénario offert par le clip provoque une réaction critique. Si le jeune cherche simplement à s’informer, le même but serait atteint. Le problème cependant du destinataire (le jeune) est qu’il ne passera de récepteur crédule à récepteur critique que si tous les éléments permettant ce changement de statut sont réunis. Et le premier élément est le langage utilisé par le destinateur fictif (celui qui, dans le clip, envoie un message au jeune, comme dans une situation réelle). Sans image, sans « face », au langage et au langage seul se reconnaît l’existence du destinateur (un présumé recruteur) : sa crédibilité ne tient qu’à ça. Il faut que le jeune qui navigue et tombe sur le clip reconnaisse dans la phrase citée le langage de vrais recruteurs avec qui il a pu échanger, ou, ayant vu le clip et étant, par la suite approché par un recruteur, fasse la même opération de « recognition ».

Langage fictif, distinction fondamentale entre langue et parole : il existe une langue djihadiste, « califale » comme je l’ai expliqué ici même [2], avec des termes clefs, des codes, des phrasés, une rhétorique générale. Et il existe une parole djihadiste, qui varie de groupe à groupe, quasiment d’individu à individu (selon le niveau d’éducation, l’âge, et la dextérité internet) (et qui rend le travail de renseignement complexe) dont cette citation est un exemple fabriqué.

Jusqu’ici, avec le défilé des images, et des messages, et des « posts », etc., durant la recherche fictive effectuée par celui que le clip met en scène, derrière son écran, nous étions dans la langue djihadiste, le milieu universel du djihad. Avec cette citation, on passe dans la parole, c’est-à-dire à une expression individuelle : une personne réelle (un destinateur) est censé s’adresser directement, sur le mode personnel, à un destinataire.

Et c’est déjà la première erreur : la citation en fait trop, « cool, like, ki, Cham, num ». N’oublions pas que le clip vise des jeunes (de plus de douze ans, je vais y revenir) qui se trouvent dans la situation mise en scène par le clip dans ce premier segment. Si vous êtes ce jeune et que vous lisez cette citation, votre parole coïncide-t-elle avec la parole fictive du recruteur fictif, lui-même imitant ce qui est supposé être celle du jeune ? Probablement pas. Pas tout à fait. Pas comme ça. Un scénario tout aussi crédible est que le recruteur use au contraire d’un langage décalé, qui suscite l’attention du jeune en quête de recrutement, c’est à dire la langue du djihad au lieu de parodier la parole du jeune.

Alors que le premier segment commence, apparaît la mention « -12 ». Ceci n’est pas pour les moins de douze ans. Imaginez que vous êtes celui à qui s’adresse ce clip et que le clip met en scène : soudain, moins de douze ans, m’abstenir ?

Un décrochage sémiotique grave : A 00.07, quand surgit l’image, violente, d’un égorgement (autrement quasiment introuvable sur les médias français, sauf ici même [3], le clip ne porte pas le label « -12 ». Donc (en restant toujours dans la fiction que les services anti-terroristes me proposent, à moi, le djihadiste potentiel) je peux, à onze ans, regarder une image que la plupart des adultes ont du mal à trouver, et peine à regarder quand ils la trouvent : moi, onze ans, je vois un combattant du Califat égorger un prisonnier. Moi, onze ans, je suis un privilégié. Il me suffit de visionner ce clip. C’est pour le moins étrange : en quoi un -12 est moins susceptible et de quoi ? qu’un +12. Erreur volontaire ?

Quoi qu’il en soit, ce décrochage sémiotique est grave : en effet la victime n’est pas, à l’évidence, un Syrien. Or, la série des quatre segments fonde l’argumentaire de dissuasion sur le fait que ce sont les Syriens qui sont en réalité les vraies victimes : le jeune djihadiste potentiel verra des images (désormais censurées, opacifiées, de crucifixions, de corps sans tête, etc.), de victimes locales, les Syriens que le jeune veut aller aider. Si, comme le suppose la fiction du clip, le jeune est un praticien agile d’internet, le processus cognitif qui opère dans une navigation web, qui est faite d’accumulation de sensations, d’une mémoire visuelle démultipliée, l’aura déjà averti que quelque chose ne colle pas.

C’est un détail, mais c’est l’accumulation d’erreurs, de détail en détail, dans l’appréciation, par les communicants, de la capacité cognitive d’un destinataire internet, qui fera que ça passe, ou que ça casse. Et ça va casser.

Choisir d’esthétiser l’ennemi : Quatre séquences donc, chacune de 19 secondes, et chacune sur le même schéma en trois temps. D’abord un message en lettres jaunes, au style direct (exemple, à 00.24 : « Sacrifie-toi à nos côtés, tu défendras une juste cause »), préfacé par un déclaratif (exemple, même séquence : « Ils te disent : »), l’un et l’autre surimposés à un clip montrant des miliciens du Califat en irréprochable tenue de combat noire, se tenant devant une foule musulmane se détachant elle-même sur un fond jaune doré. L’image est fort belle : le contraste entre le noir profond et le jaune d’or est somptueux, les djihadistes ont la prestance disciplinée de soldats en bon ordre ; l’étagement des plans est magistral : les défenseurs du peuple devant, la foule à protéger derrière eux, les drapeaux qui les unit flottant au dessus, l’ensemble baignant dans un halo doré. J’ignore si la prise est réelle ou un montage de l’équipe de communicants, mais si c’est un montage, et ça doit l’être, il faut les féliciter pour avoir conféré au mal une telle beauté.

Soudain, à 00.25, un bruit discordant de parasite sonore brise une belle litanie de chant oriental (bande son), et l’image passe au noir et blanc, au gris sale, et un message très bref flash, trois fois, sur des vidéos d’exécution, avant de s’immobiliser, avec (bande son) une sinistre cloche sonnant le glas (de 00.34 à 00.43) : « En réalité tu découvriras l’enfer sur terre et mourras seul, loin de chez toi ».

Usage à contre-emploi de la fonction phatique : Il faut se poser la question du flashage du message, se rajoutant à l’effet de rupture des images grises après l’effet en noir et or, et à celui de la bande son. Ce flashage est un signal, et un tel signal s’appelle, en théorie du message, la fonction phatique (s’assurer que la communication fonctionne, comme avec « allô », « tu m’entends ? »). Mais, interrompre brutalement le languide chant oriental par un grésillement intempestif indique au jeune qui regarde et qui écoute qu’il existe bien une présence étrangère, un « parasite » justement, une hostilité. La triple rupture (son, couleur, message) est censée rappeler le jeune à la réalité, je suppose. Mais, à mon sens, la réalité qui soudain brise le flux perceptif est qu’il est sous écoute, observé, en milieu hostile. Il y aurait eu une autre stratégie pour interrompre et la beauté des images et la beauté de la cantillation. Mais les communicants ayant fait le choix d’esthétiser l’ennemi, ils étaient pris dans ce choix et ne pouvaient donc que résoudre de cette manière la situation : parasite, image grise, glas. Usage à contre-emploi de la fonction phatique.

Si c’est la première impression qui compte, il est à peu près certain que le jeune de +12 qui est censé regarder le clip du Contre-terrorisme comme si c’était un clip djihadiste (car c’est ça, je le rappelle, le but et la fiction du clip), a décidé : au début je kiffais, là c’est franchement relou.

Pourquoi cette bévue ?

Erreur sur les deux axes de la communication : les fabricants du clip ont oublié une seconde leçon de sémiologie ou de sémiotique, qu’on rabâche pourtant dans les cours de com’ depuis les premiers travaux de Barthes, à savoir qu’une image comme une déclaration verbale fonctionne sur deux axes : un axe horizontal (la suite chronologique des mots et des plans) et un axe vertical (comment chaque mot ou chaque plan est le résultat d’une sélection, d’une permutation dans le même paradigme, ou catégorie sémantique ; par exemple « bouquin » permute avec « livre »).

Le résultat est qu’une image est à la fois un moment dans un film, un plan, celui que le jeune +12, tenté de rejoindre les miliciens djihadistes, arrête d’un cliquetis, sur image ; et également une possibilité de permutation avec ce qui n’est plus là, dans l’arrêt sur image. En l’occurrence, quand moi, jeune +12, je regarde cette image grise et triste où on me dit « tu mourras seul », et que résonne encore dans mon oreillette le glas d’une cloche d’église, je permute aussitôt avec la somptueuse vidéo, avec son oriental et image enluminée, que j’ai découverte en naviguant sur Daily Motion, et je me dis : là est la vraie vie ! Là est la beauté du monde ! Les communicants ne se sont simplement pas posé la question de ces effets de permutation.

Multiples bévues dans le processus énonciatif des trois autres séquences : chaque séquence suit le même processus énonciatif - plan très léché dans le contenu et la forme, message djihadiste, flash, plan sordide dans le contenu et laide dans la forme, message dissuasif en conclusion. Mais la raison pour laquelle les communicants ont privilégié une structure générale en quatre séquences au lieu de la structure ternaire à laquelle sont habitués tous les lycéens est un mystère. Penser « intro, 1-2-3, conclusion » fait partie de nos réflexes mentaux. C’est ce qu’on nomme la fonction métalinguistique, à savoir qu’une communication se fait toujours par rapport à un code acquis, et comme le clip se donne comme une argumentation, le code acquis à l’école est celui des trois parties avec introduction et conclusion.

Autre bévue : les fabricants émaillent même ici et là leur film de petites bévues, par exemple, dans le troisième segment (à 01.16) le message supposé dissuasif est inséré dans une croix. Il y a eu la cloche d’église, il y a la croix. Lacan disait que l’inconscient, l’Unbewusst, c’est l’imbévue : la bévue qu’on ne voit pas. Exemples parfaits ici, sauf que le jeune tenté par l’héroïsme djihadiste aura, lui, vu et revu les superbes images de ses futurs camarades d’armes, gracieusement fournies par le Fond d’aide stratégique via Daily Motion, et écouté la liturgie sonore. Et qu’en dehors du clip des services d’Etat il existe des milliers de clips sur le net avec lesquels cette vidéo a peu de chances de rivaliser.

Ignorer les trois niveaux d’impact : information pure, déclencheurs émotionnels, désir de surpassement par des valeurs.

Les fabricants du clip sont coupables de manier malaisément les instruments intellectuels de leur métier, tels que la distinction opératoire destinateur/destinateur, le jeu des axes du langage, la tension langue/parole et la manipulation exacte des fonctions (six) de tout message. Ils sont coupables d’avoir esthétisé l’adversaire en voulant « faire beau » : un tel clip est la guerre poursuivie par d’autres moyens, pas un nominé pour un César. Ils sont coupables de ne s’être pas posé la question de savoir ce qui attire, ce qui questionne, ce qui excite un jeune tenté par les milices djihadistes : en rhétoricien je leur rappellerais volontiers qu’un message est persuasif si, ayant exactement ciblé son public, à un temps donné, dans un contexte donné, les trois niveaux d’impact sont calibrés : information pure, déclencheurs émotionnels, désir de surpassement par des valeurs.

Mais la bévue fondamentale de cette vidéo, dont la source est évidemment la doxa politique, c’est-à-dire l’argumentaire gouvernemental qui la téléguide, est le refus d’envisager le djihadisme autrement que comme une pathologie, autrement que telle une maladie qui attaquerait des individus en état de faiblesse. La doxa politique décline sur tous les modes de déculpabilisation les états de cette faiblesse : jeunesse (pour cette vidéo), asociaux, défavorisés, etc. Au lieu d’une stratégie d’Etat et de réflexion réelle, la doxa politique invente une sorte de socio-pathologie générale de cas de faiblesse qui permette le recrutement. Dans cette logique il faudra bientôt une vidéo qui s’adresse aux pauvres, une autre aux marginaux refugiés à la campagne, une autre aux étudiants laissés sur le tapis à cause du chômage, etc. Ad infinitum. J’attends avec intérêt une vidéo ciblant les élèves brillants, cultivés, motivés qui ont décidé d’aller porter les armes pour la défense du Califat, dont les armes du numérique comme le démontrent la sophistication et l’efficacité de l’usage islamique d’internet. Or nous savons désormais que la sophistication de ces vidéos et la haute qualité de revues comme Dâr al Islâm en français ou Dabiq en anglais ciblent justement des jeunes intelligents et éduqués, bénéficiaires d’un bon capital culturel et matériel, lecteurs attentifs à la recherche d’un argumentaire soutenu et d’idées soigneusement développées (le n° 7 de Dabiq fait 83 pages), telles ces trois jeunes lycéennes anglaises passées au Califat, ou ce Mohammed Emwazi, le cruel harangeur des égorgements, un diplômé en informatique. Le clip des services secrets s’adresse à des imbéciles ou à des ignorants. La propagande du Califat s’adresse à des doués.

Car la motivation inconsciente qui provoque ces bévues est de réprimer une chose que nous refusons d’admettre : que les jeunes, qui peuvent par ailleurs être ceci et cela, socialement ou non, mais qui veulent rejoindre et rejoignent les milices du Djihad, ont un désir d’héroïsme. Commençons par les considérer sous cet angle, au lieu de les réduire à n’être que des victimes de la propagande djihadiste, et pis encore, leur dire au visage qu’ils sont des faibles, des manipulables et des imbéciles. On pourra, alors, en leur reconnaissant le statut qu’ils réclament et le désir qui les animent, mettre en place une véritable stratégie de contre-communication. Et cela exige un peu plus de réflexion, sur le fond et sur les moyens.



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