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Yves Cochet veut nous préparer à la catastrophe de 2022

samedi 5 mai 2012

Où va le monde ?, par Yves Cochet, Jean-Pierre Dupuy, Susan George et Serge Latouche, Mille et une nuits : du bon usage politique de la catastrophe annoncée

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Yves Cochet, par ©Olivier Roller

D’ici à 2022, à quoi ressemblera ce monde ? Le sociologue et philosophe Jean-Pierre Dupuy nous invite à changer de modèle de pensée pour mieux agir : "Faire comme si le pire était inévitable." L’économiste Serge Latouche estime, comme Keynes, qu’au-delà de trois mois, on ne sait rien mais parie sur le déclin de "l’ordre économique néo-libéral" et invite à penser la frugalité et la sobriété d’une nouvelle société, sans toutefois rompre avec l’abondance. "En particulier, nous, Occidentaux, serions bien inspirés de faire une metanoia, c’est-à-dire un retour sur nous-mêmes, suivant le conseil du théologien indien et espagnol Raimon Panikkar, pour en finir avec notre hubris", recommande-t-il. Quant à Susan Georges, grande figure de l’altermondialisme, elle est convaincue plus que jamais, et sans attendre, qu’il faut subordonner les démons de l’économie à la politique, à la solidarité et à l’écologie.

Ces réflexions sont issues d’un colloque de l’Assemblée nationale, organisé le 10 décembre 2010, intitulé Où va le monde ? et viennent de faire l’objet d’une publication.

"Croissantistes" contre "décroissantistes"

Yves Cochet, eurodéputé, ancien ministre de l’Environnement de Lionel Jospin, et figure controversée chez les Verts eux-mêmes pour son diagnostic jugé par trop catastrophiste, est sans doute le plus saillant des intervenants. Lui, le député aux mains dans le cambouis insiste sur le grand décalage thermostatique entre la réalité d’une situation et sa compréhension partagée par le plus grand nombre. La lenteur du changement des idées et des comportements dans toute société, en temps ordinaire, est avérée et conduit à l’inertie sociale. Seule, une catastrophe très probable (notamment par l’effondrement du système énergétique mondial dans cette décennie) selon Cochet, pourra provoquer "un sursaut vitaliste de la jeunesse du monde" et fera accepter le principe d’un modèle de décroissance. Fustigeant les documents prospectivistes prévoyant les prochains budgets de la France, mais avec des paramètres macroéconomiques et un état d’esprit "croissantiste" qui tiennent de moins en moins, il leur oppose une vision "récessionniste" de très longue durée. Catastrophiste, Yves Cochet ? Il s’en défend : "Mes propos ne sont pas fatalistes, pessimistes ou dépressifs, ils ne signifient pas la fin de la politique, au contraire : ce sont ceux qui nient la proximité de la catastrophe, ceux qui croient à la discontinuité, ceux qui s’enivrent de l’illusion de la croissance qui sont catastrophistes, sans le savoir, par aveuglement. Mon message est un appel à une créativité, une inventivité, une imagination politique nouvelles, comme on rencontre parfois lorsque l’histoire s’intensifie."


Repères :

Où va le monde ?, par Yves Cochet, Jean-Pierre Dupuy, Susan George et Serge Latouche, Editions Mille et une nuits, 76 pages, 3,50 euros. Parution : février 2012.


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