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… leu leu leu… ( part : 3 )

Où l’Ours avec son feuilleton estival sur ses amis les animaux tombe sur l’ours.

vendredi 29 juillet 2016, par Pierre Pelot

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Territoire

Deux couples nouveaux sont partis, au moment de givre, alors que les brins d’herbe étaient redevenus blancs et cassants comme de vieilles brindilles, que les premières feuilles changeaient de couleur avant de se détacher. Il y avait de longues baves de brume sur l’eau de la rivière, qui semblaient s’accrocher, dans les clapotis d’une molle glissade, aux racines et aux basses branches des arbres riverains.
Deux couples ont quitté la famille des loups. Ils s’étaient formés pendant les chaleurs d’été. Ce matin-là, ils se sont éloignés de la bande, sans se presser. Ils se sont assis sur la berge, et on aurait pu croire qu’ils laissaient les brumes s’habituer à leur présence, pendant un moment.

Quand les autres, de la bande, se sont éloignés, finalement, après que tous eurent reniflé les dissidents une dernière fois, les deux couples sont restés là, encore, à cette place, un certain temps. Derrière les nuages bas, le soleil est monté jusqu’au presque milieu du ciel.

Maintenant, la bande avait disparu depuis un long temps. Les bancs de brume sur la rivière s’étaient évaporés. Une famille d’abord, puis l’autre, manifestèrent de l’impatience, poussant de petits gémissements pointus. Alors, les mâles se mirent en marche. Ils remontèrent la rivière sur une trentaine de mètres avant de la traverser où son cours était rendu moins large par un grand nombre de pierres émergées. De l’autre côté, à un endroit qui ne portait pas d’odeurs familières imprégnées, ils marquèrent leur nouveau territoire.

Ours
L’ours avait faim, lui aussi. Il avait faim pour lui seul. C’était un vieil ours mâle solitaire qui n’avait plus que ses habitudes pour compagnie, depuis longtemps.
Et très certainement, pas plus que la famille des loups, le vieil ours n’avait chassé lui-même le bouquetin dont il cherchait maintenant à attraper la carcasse, au fond de la crevasse dans les roches.

Les loups, bien sûr, avaient saisi l’odeur de l’ours. C’était une forte empreinte, depuis un moment, sur tous les troncs d’arbres, ou presque tous. La jeune femelle sans mâle qu’ils avaient pourtant tous suivie durant la saison écoulée avait senti la présence du bouquetin mort.

On entendait souffler et gronder l’ours qui déployait de grands efforts pour s’approcher de la carcasse, parmi les rochers abrupts. Le jour déclinait.
Les plus petits, malgré la faim qui les excitait, ne laissaient échapper aucun cri. La bande suivait la jeune louve. Trois saisons auparavant, l’ancienne meneuse de la harde avait laissé la chasse à la décision de cette plus jeune. Elle était fine et légère, le regard et le flair sûrs. Partout où elle allait il y avait des proies.
Ils approchèrent en prenant garde de se tenir contre le vent, puis, à une dizaine de mètres de roches en éboulis, ils s’immobilisèrent. La plupart se couchèrent. Ils savaient bien que l’ours, bataillant depuis un long moment, ne pourrait pas profiter sur place de sa trouvaille. Et il était, de tous, le seul dont la force permettait de tirer et de lancer loin de son piège le gibier convoité. Ils attendaient.

La jeune louve, seule debout, prête à bondir, se chargerait de chaparder le butin…


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