Édouard Vaillant est (vraiment) mort en 2017

Le 14 mars 2019, par Rédaction les influences

L’idée : selon l’historien Gilles Candar, l’effondrement électoral des socialistes à la Présidentielle a signé la fin d’une conception de la république sociale.

Gilles Candar, Édouard Vaillant. L’invention de la gauche, Armand Colin, 288 p., 24.0€. Publication : Juillet 2018.

Politique. Les personnalités clefs ont tendance à se perdre dans les sables, en comparaison des figures politiques flamboyantes. Édouard Vaillant (1840-1915) fait partie des ombres floues de la gauche française. Il n’a certainement pas le panache intellectuel d’un Jaurès, d’un Sembat ou d’un Blum. Il se plaignit d’ailleurs de ne pas avoir d’amis ou de confidents véritables. C’est un calvaire de personnalité pour un biographe romanesque, mais son empreinte thermique, alliage révolutionnaire et réformiste, a duré des décennies car elle est celle de la gauche française.

Député de Belleville, il se voudra l’artisan de la réunion des gauches

Gilles Candar retrace à grandes enjambées, son parcours et rappelle cette dualité par une tradition qui vaut métaphore : dans le Cher où il fut député, c’est encore alternativement aujourd’hui au XXIe siècle, que les socialistes et les communistes célèbrent sa mémoire chaque année. Dans la Commune et l’exil, par ses relations étroites avec Blanqui et le journal qu’ils cofondèrent, Ni Dieu Ni Maître, Édouard Vaillant a forgé sa réputation, Député de Belleville, il se voudra l’artisan de la réunion des gauches et sera à l’avant-garde pour ce qui concerne les contours d’une république sociale, à savoir la prise en charge de la vieillesse et d’une sécurité sociale. C’est au lendemain de la seconde guerre mondiale que ses vieilles revendications seront appliquées.
L’historien des études jaurésiennes, Gilles Candar, s’est penché sur cette vie politique, comme pour signifier que la vraie mort d’Édouard Vaillant a eu lieu, non pas dans les affres de la Première guerre mondiale, mais bien dans le tumulte de l’élection présidentielle de 2017 et l’effondrement électoral du Parti socialiste.




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