Macron l’Anti-social

Le 14 mars 2019, par Rédaction les influences

L’idée : Selon Thomas Guénolé, le processus de destruction du modèle français fait que 90% des Français sont voués à devenir des décrocheurs de la solidarité sociale.

Thomas Guénolé, Antisocial. La guerre sociale est déclarée, Plon. 276 p., 17.90€. Publication : Mars 2018.

Politique. Le quinquennat d’Emmanuel Macron a inauguré également l’arrivée de nouvelles figures de l’opposition politique mais aussi médiatique. Le politologue Thomas Guénolé, désormais intellectuel organique de La France insoumise, fait partie du lot. Il annonce la couleur et sonne la charge contre « l’Antisocial », dans un essai robuste et très « Emmanuel-toddien », avec un zeste de Podemos. Un an après sa parution, l’analyse a même gagné en acuité. Dans son viseur, une idée ou plutôt un « processus politique de destruction du modèle français de solidarité sociale ». Cette conception serait nouvelle et ne serait pas à confondre avec le néolibéralisme, pas plus qu’il ne serait approprié d’y voir une offensive libérale. Thomas Guénolé se livre d’ailleurs à un éloge du philosophe et économiste Adam Smith, considéré depuis des décennies par des lecteurs de gauche bien trop rapides comme le théoricien de la « main invisible ». Or lui aussi aurait été « farouchement hostile à la dynamique rétrograde de l’Antisocial  ». Smith n’a jamais réclamé une économie de marché dérégulée, sans arbitre. Ce que trouve Guénolé de plus détestable et délétère dans la conception de l’Antisocial est que 90 % des Français sont voués à devenir des perdants, s’ils ne le sont pas déjà, puisque la finalité de l’Antisocial « est d’accaparer le maximum de ressources au bénéfice de la minorité oligarchique de la population  ».

L’ économiste Adam Smith, contrairement à ce qu’affirme une vulgate de gauche, n’a jamais réclamé une économie dérégulée et sans arbitre.

Face à cette notion totalitaire qui ne souffre aucun débat ni discussion, ce rouleau compresseur sans âme, le politologue invite à se lancer dans la bataille inlassable des idées et à barrer son chemin par « l’altersystème », soit « sans cesse agir et imaginer des transformations, pour passer de la mondialisation heureuse à la mondialisation à visage humain, au bénéfice du plus grand nombre et de la sauvegarde de l’écosystème ».




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