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Edouard Husson

dimanche 21 juin 2009

Quinze jours après la polémique qui l’a opposée à Alexandra Laignel-Lavastine, les historiens vont pouvoir enfin accéder aux archives du Père Desbois sur la destruction massive des juifs en Ukraine. On pourra juger sur pièce si les recherches de Patrick Desbois sont aussi peu rigoureuses que le prétendent ses détracteurs.

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Edouard Husson (Gabriel pour L’Agence Idea)

Opération transparence et liens consolidés. Au lendemain d’un ambitieux symposium, « Opération 1005 » traitant des tentatives d’effacement nazi de la shoah en Europe de l’est, qui s’est tenu sous les auspices de Monseigneur Vingt-trois et de l’université Paris-Sorbonne, le père Patrick Desbois, pour l’association Yahad-In Unum, et Georges Molinié, président de Paris-IV ont officialisé un partenariat ambitieux mardi 16 juin. Ce projet associe la création d’un centre de ressources sur la Shoah à l’Est, ainsi que des activités de recherches et d’enseignement sur la Shoah en Europe orientale.

Un argument contre la méthodologie et les comportements du prêtre spécialiste de la Shoah par balles vient de tomber : celui qui l’accusait de garder par devers-lui, les archives de ses recherches sur la destruction massive des juifs en Ukraine. Désormais, les historiens universitaires pourront avoir accès aux archives amassées par le directeur du service national pour les relations avec le judaïsme, rattaché à la Conférence des Evêques de France.

Edouard Husson, maître de conférences et directeur de recherches sur l’histoire contemporaine de l’Allemagne et de l’Europe à l’université Paris-Sorbonne, et par ailleurs co-directeur du département de recherche « Paix, liberté, société » au Collège des Bernardins, a été l’artisan de ce rapprochement. Il devient le coordinateur scientifique du partenariat. D’ici au 1er septembre, il devra présenter des pistes pour un « conseil scientifique élargi » pour favoriser « un enseignement interdisciplinaire », selon les termes officiels.

Edouard Husson était déjà le responsable du séminaire à succès « Ecrire l’histoire de la Shoah aujourd’hui », où officiaient en chercheurs de plus en plus anatgonistes le père Desbois et l’universitaire Alexandra Laignel-Lavastine – cette dernière a été congédiée par Edouard Husson le 28 mai après ses prises de position critiques dans l’émission La Fabrique de l’histoire, sur France Culture.

Reste que si l’on assiste à la fin d’une rétention des documents par le père Desbois et son association Yahad-In Unum (« Ensemble » en hébreu comme en latin), d’autres critiques ne sont pas estompées, comme son manque de rigueur scientifique, sa volonté sur le terrain de ne pas trop stigmatiser l’antisémitisme de la population ukrainienne, ou encore la médiatisation jugée excessive de ses recherches.

Lire l’enquête dans la rubrique Veille, Alexandra Laignel-Lavastine Vs Père Desbois
Lire dans la rubrique The Question, « Peut-on encore débattre des sujets qui fâchent sur France Culture ? »