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Jossot : Sauvages blancs !

jeudi 7 avril 2011, par Jean-Luc Hinsinger

Le Jossot nouveau est arrivé : "Sauvages blancs" aux éditions Finitude

Etonnamment contemporain ! Issu de milieu bourgeois, influencé par l’art nouveau et les Nabis, les caricatures de Jossot ne dépareraient pas les murs de Belleville, pochoirisées et ponctuées du blaze Gusjos... Le genre de type qui dès son arrivée (le 16 avril 1866) en a gros sur la patate (Le Fœtus récalcitrant [1]). Sniper armé d’une peinture en bombe, il défie tout ce qui bouge, c’est-à-dire tout ce qui immobilise la société bienpensante : juges, curés, militaires, parents, pères et maris irascibles, plus globalement tout ce qui ressemble au « dressage », à l’institution, au racisme et on en passe !
Bref, tout un nécessaire ras-le-bolifère qui amènera l’individu à prendre du recul et se tourner vers l’islam dans lequel il fondait espoir. Tiens, tiens !

Cette première exposition posthume (1951) à la bibliothèque Forney a présenté en quatre temps les différentes périodes picturales de la vie de Jossot et se terminait par un hommage plutôt réussi de caricaturistes contemporains.

Sauvages blancs !
Finitude qui avait déjà publié le Foetus récalcitrant en 2011, récidive aujourd’hui avec Sauvages Blancs ! Il ne s’agit pas cette fois de la réédition d’un ouvrage publié à compte d’auteur, mais d’un recueil de pamphlets publiés par Jossot dans la presse tunisienne entre 1911 et 1927, à une époque où l’artiste avait décidé de rompre avec sa société d’origine. Converti à l’islam, il fustige la politique d’assimilation, la colonisation des esprits, la folie de la guerre, le matérialisme et la course effrénée au profit, mais aussi l’intégrisme religieux et les compromis culturels des indigènes... autant de thèmes qui raisonnent étrangement avec notre actualité !
« Longtemps j’ai combattu par la caricature ; aujourd’hui j’ai saisi une autre arme : j’ai substitué la plume au crayon ; mais je n’ai pas changé de conscience. »
A une époque où Jossot a presque cessé de publier ses dessins, ces chroniques prennent clairement le relais de son art satirique avec lequel elles entretiennent d’intimes rapports.

Sauvages blancs !, Jossot. Préface d’Henri Viltard. 2013. 14,5 x 22 cm. 176 pages. 19 euros

[1Le Fœtus récalcitrant, éditions Finitude, 2011.