Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

Lagence de presse des Idées

#Artus Films Editeur #Chacun pour soi #Giorgio Capitani

Splendeur et lyrisme d’un western barré

Publié le 26 juin 2012 par

Un faux spaghetti et vrai western injustement oublié de 1967 : Chacun pour soi, jusqu'à l'os, jusqu'à la folie et la mort, et surtout jusqu'au bout du genre
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Un commentaire sur “Splendeur et lyrisme d’un western barré

  1. Dialogue 1948 /1968
    Il y a une référence presque explicite au TRESOR DE LA SIERRA MADRE dans le scénario de Di Leo et la mise en scène de Capitani qui se situe un peu après le générique d’ouverture du film : la rencontre de Van Heflin avec des bandits venus lui dérober ce qu’il a réussi à ramener, qui se reflètent dans l’eau tout comme ils se reflétaient dans l’eau chez Huston. Mais grande différence avec l’original : on ne voit pas leurs visages et on les connaît – ni connaîtra – pas davantage.

    Une seconde référence est structurelle : la figure circulaire. Dans LE TRESOR DE LA SIERRA MADRE, Walter Huston connaissait déjà l’endroit où il acceptait de retourner avec Humphrey Bogart et Tim Holt; de même dans CHACUN POUR SOI Van Heflin retourne à un lieu connu de lui seul, en compagnie des trois autres.

    Eternel retour du désir, de la pulsion, de la volonté qui s’abolit par la représentation de son inutilité : la séquence dans laquelle les quatre hommes du Capitani rient au retour de l’eau prolonge les rires finaux du Huston, font écho aux rires finaux des Sam Peckinpah. Rire signifiant la vanité des efforts humains face à la nature, au destin, à la volonté universelle qu’elle exprime.

    Expression esthétique qui permet de s’en détacher pour la représenter, désamorcée et abolie. Cette philosophie immanente aux deux films qui est bien celle d’un Schopenhauer, est patente : chez Huston, les deux survivants sont les deux qui renoncent au désir après lui avoir presque tout sacrifié; chez Capitani et Di Leo, aucun survivant, chacun était effectivement pour soi mais tous perdent tout, ne gagnent que la mort et le néant apaisant.

    Les grandes modifications me semblent provenir, en revanche, de l’esthétique (1948 : écran standard N.&B. 1.37 – 1968 : écran large scope-couleurs 2.35 + musique baroque en 1968, simplement classiquement commentatrice en 1948) et du personnage de Kinski qui introduit un suspense per se, constant, ouvrant sur l’infini du possible, sur le fantastique par sa seule présence. Plan génial où Kinski, après la fusillade du monastère, ferme à demi les yeux, toujours en éveil derrière son revolver, repris pour le menu.

    La femme était aperçue dans le Huston, par Bogart au détour d’une rue alors qu’il sortait de chez le coiffeur. Sa séduction était brève mais réelle. Dans le Capitani, c’est une femme “hestia”, plus connue, mûre, douce, reposante, ouvrant au possible du foyer. La vigueur du renoncement viril à cette possibilité en est renforcé, le personnage de Heflin en est rehaussé presque au mythe.

    Contrairement au commentaire du présentateur – qui aime le cinéma-bis et le connaît bien – et au verso de la jaquette, il me semble que rien ne prouve qu’il y ait la moindre relation homosexuelle entre les personnages joués par Hilton et Kinski. IL y a une relation qui pourrait avoir été une relation criminelle passée impliquant une impossibilité de négliger, pour l’un, la volonté de l’autre, à tout jamais. Quien sabe ? En revanche, comme Mathis le souligne bien, c’est tout CHACUN POUR SOI qui repose sur un paradigme homosexuel, y compris les deux tueurs Brady. Ce n’était pas vraiment le cas du Huston où la femme du quatrième homme apparaissait à travers ses lettres, et suffisamment pour que Holt en tombe amoureux, suive le conseil de Walter et décide d’aller lui raconter leur histoire, peut-être davantage si affinités. Dans ce Capitani – Di Leo, personne n’aura plus jamais de femmes, ni d’ailleurs plus jamais quoi que ce soit. Il n’est pas si fréquent qu’un film se termine par la mort universelle de l’ensemble de ses personnages principaux : c’est le cas ici. Ce n’était pas du tout le cas du Huston.

    Copie chimique splendide, suppléments riches en documents de première main servant l’histoire du cinéma : l’exemple de ce qu’il faut faire.

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