Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

Lagence de presse des Idées

Essey-lès-Nancy : Gilbert Coqalane a tué le bison en plastique

Publié le 12 décembre 2020 par

Un drôle de procès à l’agenda du tribunal de Nancy le 4 janvier: le plasticien Gilbert Coqalane devra répondre de son attentat sur le bison logo de Buffalo Grill. Il est poursuivi pour dégradation de biens privés. Le bison artistiquement flêché reste, en attendant, la propriété de la marque.

Gilbert Coqalane attaque. ©Antoine Caclin.
Gilbert Coqalane attaque. ©Antoine Caclin.
ART. «  Opération Écocide  ». Ce midi du 29 juillet 2020, un homme, comme sorti d’un sketch de Groland du Canal+ des années 90, portant arc et carquois en bandoulière sur sa chemise blanche et cravate noire, déboule avenue du 69ème Régiment d’Infanterie, au Lieu-dit Les Corvées d’Ozerailles, sise Essey-lès-Nancy. Ici, se tient un Buffalo Grill. Dans le jardin attenant au restaurant franchisé, le nargue un rutilant bison, l’effigie rouge de Buffalo Grill. Ni une ni deux, l’indien suburbain le toise du haut de la barrière de bois et crible de flèches l’animal en quelques minutes. Un complot d’ultra vegan ? Un amok nancéien ? Un hologramme de Buffalo Bill ? En tous les cas, la clientèle assiste perplexe, vaguement effrayée, bouche bée devant leur steak, à l’attentat du tueur de bison en plastique. Serait-ce un canular ? On cherche la caméra. Le directeur du Buffalo Grill appelle rapidement la police. Deux officiers munis de Taser s’approchent de l’individu peu forcené et qui n’oppose aucune résistance, après avoir enlacé et embrassé son bison.
La police intervient, armée de Tazer. ©Antoine Caclin.
La police intervient, armée de Tazer. ©Antoine Caclin.
Des vidéos et des images captées par les clients viralisent les réseaux sociaux. Menotté et emmené au commissariat de Lobau, il aura droit à vingt-quatre heures de garde à vue. Le plasticien Gilbert Coqalane l’avait prévu. Il captivera le policier, chargé de taper le rapport, avec son projet artistique.

«  Le but est de mettre en relief qu’il y a toujours une forme d’absurdité dans toute organisation sérieuse  »

Gilbert Coqalane est un artiste qui s’intéresse à des interventions ou des dispositifs artistiques dans les zones commerciales, territoires suburbains et ruraux. Deux traits caractérisent son travail depuis douze ans : il interroge nos habitudes, le fameux «  bon sens commun  » et il a de l’humour dont il expérimente plusieurs techniques : «  le comique conceptuel (ironie, antiphrase), l’absurdité (dissonance, paradoxe, inadaptabilité) ou encore l’humour de situation (quiproquos, anachronisme, incongruité)  », détaille-t-il sur son site. Celui-ci n’est donc pas une farce, mais un joyeux procédé pour trouver la faille dans l’organisation : «  Le but est de mettre en relief qu’il y a toujours une forme d’absurdité dans toute organisation sérieuse  ». Le bison alors ? «  Mon nouveau projet autour de l’écocide m’amène à travailler sur l’animalité, les rapports entre l’homme et l’animal, nous explique-t-il. J’avais repéré ce bison depuis longtemps, il fallait bien en faire quelque chose.  » Si Buffalo Grill a laissé tomber la plainte, reste que la justice suit son cours et qu’un procès se tiendra le 4 janvier au tribunal de Nancy – qu’il inclura dans sa performance «  Écocide  ». Prévoyant le paiement d’une amende, il a produit une centaine d’impressions du bison fléché, parties comme des petits pains.

«  Le directeur du Buffalo Grill local a été très sympa avec moi, tout comme son équipe auprès de laquelle je me suis excusé, nous résume l’artiste. En fait, ils s’inquiétaient sincèrement pour ma santé mentale… Quand je leur ai expliqué ma démarche, le patron a été très conciliant quand je lui ai demandé si je pouvais, après le procès, récupérer la bête et même la racheter.  » Ils projetaient également de créer un «  burger Coqalane  ». Mais hors de question de restituer l’objet du crime à répondu le siège à Paris. Le bison transformé en œuvre d’art reste la propriété de la marque et trône toujours sur la pelouse pelée d’Essay-lès-Nancy, attraction de curiosités et de selfies, alors que le Buffalo, lui, est fermé pour cause de Covid.

www.certifiecoqalane.net

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