Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

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#Mentalité

Le géographe qui veut nous priver de petit déjeuner

Publié le 12 décembre 2020 par

L’idée : Dans Feu sur le breakfast ! (Terre Urbaine), Gilles Fumey pointe l’hégémonie culturelle et l’industrialisation du petit déjeuner venues des pays anglosaxons.

ALIMENTATION. Après lecture de son essai, c’est une certitude : le géographe de l’alimentation Gilles Fumey mange du lion au petit-déjeuner. Et un lion très en colère. Ce qui lui a donné envie de prendre la parole est la tentative des industries agroalimentaires de fournir des repas du matin aux écoliers les plus pauvres, suscitant l’acquiescement de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, qui a fait remarquer que de nombreux enfants ne mangent pas à leur faim chez eux. 13 % prétend-il. En 2005, ces mêmes industries avaient tenté d’installer des distributeurs à soda dans les enceintes scolaires. Or quoi qu’en pense l’opinion, les enfants n’ont souvent pas faim le matin, les ados qui sont à jeun ne trahissent pas de fatigue spécifique en cours, et les corps adultes pourraient très bien supporter une détoxication en attendant le déjeuner – qui signifie justement «  rompre le jeûne  » de la nuit et de ce dîner que l’on prenait à dix heures du soir. Feu sur le breakfast ! charge les nutritionnistes de l’agrobusiness, dénonce les méfaits d’une mondialisation économique qui chronomètre et contraint la moindre parcelle d’activités humaines pour en exprimer une rentabilité maximale.

break.png Ainsi l’aimable petit déjeuner rapide serait une arnaque culturelle, une hérésie prétend le chercheur du CNRS, et qui insiste : le petit déjeuner n’est pas du tout un repas vital, le principe du breakfast a été lancé par les Anglais et les Américains au XIXe siècle, mais il n’est pas du tout nécessaire. Il serait même devenu «  une machine diabolique, dessinant ce que pourrait être une civilisation où les humains auraient délégué leur alimentation à l’industrie  ». Le breakfast colonisateur, et aussi catastrophe sanitaire (obésité, maladies cardio-vasculaires), a imposé les normes puissantes d’une vie urbaine. Les petits repas qui ne se prenaient pas le matin ont été éliminés des habitudes alimentaires industrialisées. Gilles Fumey oppose au standard, toute la contre-histoire culturelle et géographique des collations libres et variées, et surtout pas obligatoires. Un morceau de pain dans un verre de vin, comme le faisaient les Athéniens, ou un petit coup de jentalacum (un verre d’eau pur) des Romains ?

Feu sur le breakfast ! , Gilles Fumey, Terre urbaine, 130 p., 16€. Sortie : 22 septembre 2020.

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