Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

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En 2021, une romancière blanche n’est pas autorisée à traduire une poétesse noire

Publié le 3 mars 2021 par


Chroniques de la woke culture : une jeune romancière blanche même surdouée, même reconnue mondialement n’est pas autorisée à s’aventurer dans l’imaginaire d’une jeune poétesse afro-américaine, tout aussi talentueuse, pour la traduire dans la langue de son pays. C’est ce qui vient de se produire aux Pays-Bas. Il a suffi qu’une activiste et publiciste de Rotterdam, Janice Deul (née en 1962), publie une tribune dans le quotidien néerlandais Wolkskrant pour que l’éditeur Meulenhoff recule et que la jeune écrivaine pressentie fasse repentance publique.

Amanda Gorman.

Qu’on se le dise : la poétesse Amanda Gorman (née en 1998), nouvelle sensation démocrate, qui avait déclamé The Hill We Climb (La colline que nous gravissons) le 20 janvier lors de l’investiture de Joe Biden à la Maison-Blanche, ne peut en aucun cas être traduite par une Blanche selon ces nouveaux préceptes scientifiques, « c’est incompréhensible » a martelé Janice Deul. Marieke Lucas Rijneveld (née en 1991), qui s’est vu décerner le Booker Prize en août 2020 (c’est la plus jeune lauréate de ce prix littéraire britannique) pour son roman The Discomfort of Evening (Faber) ou en français, Qui sème le vent (traduit du néerlandais par Daniel Cunin, Buchet-Chastel), et avait époustouflé la critique, s’est platement excusée d’avoir éventuellement entamé la sensibilité de certaines personnes.

Marieke Lucas Rijneveld.

Certes, a reconnu la trieuse Janice Deul, la romancière a l’avantage d’être une « personne non binaire » (être à la fois homme et femme), mais elle ne coche pas toutes les cases de la nouvelle pureté ethno-sociale : elle n’est ni noire ni slameuse et ne peut donc pas avoir l’hypersensibilité d’Amanda Gorman. L’éditeur en état de péché de non-progressisme a rétropédalé et recherche désormais la bonne personne biologique. Précision : Amanda Gorman, elle, s’était réjouie de ce projet entre vraies auteures. Une activiste essentialiste en a décidé autrement.

En France, Fayard ne connaît pas cette polémique racialiste. La maison d’édition a commandé la traduction des poèmes d’Amanda Gorman à Marie-Pierra Kakoma, alias Lous and the Yakuza (née en 1996), auteure, compositrice et rappeuse d’origine belgo-congolaise.

Janice Deul.

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