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Sciences Po, 150 ans ça se fête, un scandale ça s’oublie

Publié le 25 août 2022 par

L’info : Le directeur général Mathias Vicherat nommé dans le sillage du scandale Olivier Duhamel qui avait bousculé l’institution en 2021, entend s’appuyer sur le 150e anniversaire de Sciences Po pour faire valoir une nouvelle ère pédagogique, intellectuelle et morale.

Mathias Vicherat, directeur général de Sciences Po. Source image : Radio France

Le Courage de l’insoumission. C’était le titre de la leçon inaugurale exceptionnelle, tenue par Beate Klarsfeld devant un parterre d’élèves de Sciences Po, mardi 24 août. Le lendemain, c’était au tour de Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, de se prêter à une conférence de presse de rentrée, sise au Pavillon de l’innovation. Après le grand scandale issu de l’affaire Olivier Duhamel, et ses prolongements (démission en février 2021 du DG Frédéric Mion; nomination en mai à la tête de la Fondation, de l’historienne d’art Françoise Bertrand Dorléac) qui avaient quelque peu malmené l’université, cette première intervention post-Familia Grande d’un directeur général tout neuf, nommé en novembre dernier, était particulièrement attendue au tournant. La rentrée 2022 qui accueille 208 étudiants en première année prolonge les célébrations du 150e anniversaire de l’École. Du 14 au 16 septembre, l’institution déroulera sa Semaine des libertés académiques, réaffirmant cet engagement au droit d’étudier, de conduire des recherches et d’enseigner librement, liberté trop souvent confondue par les temps radicaux et intolérants qui courent, avec la liberté d’expression. Formule de Mathias Vicherat : « Je souhaite faire de Sciences Po l’université mondiale de référence en matière de combinaison des savoirs fondamentaux interdisciplinaires et des expertises professionnelles ».


Nouvelle nomination : l’économiste d’origine russe Sergueï Guriev, est désormais directeur de la Formation et de la Recherche de Sciences Po. Économiste, ancien conseiller du gouvernement russe au début des années 2010, recteur de la New Economic School de Moscou, il a fait rapidement, à partir de 2013, les frais de l’autoritarisme poutinien qu’il dénonçait, et s’est exilé à Paris. Après avoir été de 2016 à 2019, économiste en chef de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement), Sergei Guriev était depuis trois ans, directeur scientifique des programmes de master et de doctorat. [Source image : Sciences Po].


En ce qui concerne les doctorants, Sciences po se flatte d’avoir reçu cette année, plus de 400 candidatures (une augmentation de 50% en un quinquennat). Trente-six d’entre elles ont été admises et budgétisées à partir du 1er septembre. Tropismes prioritaires : les transitions environnementale et numérique. Avec 25 doctorants qui travaillaient déjà sur cette thématique et 4 nouvelles recrues cette rentrée, l’environnement serait le secteur le « plus travaillé », note l’institution. Signes de cette évolution : « Le recrutement de 12 chercheurs en post doctorat sur le sujet de la transition environnementale, grâce au fonds Bruno Latour, qui a permis de réunir 2 M€. La relance des travaux de la Chaire développement durable, qui vient d’accueillir son nouveau responsable Marc Ringel.» Sans oublier la nouvelle coqueluche intellectuelle de l’écologie, Pierre Charbonnier qui pilotera un cours de 24 heures (obligatoire) pour les Bachelors.

Sciences Po inaugure également sa Maison des Arts et de la Création. Par l’expression artistique, les futures élites sont invitées à acquérir « la faculté de penser différemment des problématiques complexes, d’aiguiser [leur] sens de l’analyse, de décloisonner les savoirs pour proposer des solutions originales ». Nous verrons. Une autre initiative nouvelle : le lancement du Cercle des Humanités Politiques. Ou comment faire dialoguer les savoirs dans toutes leurs expressions. Il sera composé de chercheurs représentant l’ensemble des disciplines de Sciences Po (politiques, historiques, juridiques, littéraires et artistiques). Mais le savent-ils eux-mêmes ?


La diversité selon Sciences Po

1500 admis en Bachelor au Collège universitaire; 528 admis via les doubles diplômes avec les universités partenaires. Toutes les régions de France métropolitaine sont représentées parmi les admis, fait valoir un communiqué de Sciences Po en date du 25 août, et cette répartition reflèterait de plus en plus fidèlement celle des lycéens français : 30% des admis sont issus de lycées d’Île-de-France (ils représentent 21% des lycéens français), suivis des 9% des admis d’Auvergne-Rhône-Alpes (12% des lycéens français) et 8 % du Grand Est (8% des lycéens français). Sciences Po accueille également 170 étudiants issus de la voie CEP, respectant là aussi une diversité géographique.

Enfin, plus de 400 étudiants sont admis par la voie internationale et proviennent de 76 nationalités. Pays les plus représentés : l’Italie, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Inde et les États-Unis


Sur notre site : Olivier Duhamel, constitution d’un inceste

Les Influences, 5 janvier 2021

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